Vers le milieu du 3e siècle de notre ère, des menaces d'invasions
surgissent aux frontières de l'empire romain, ce qui oblige les grandes
villes à se protéger derrière des remparts. Cela ne suffit pas à
rassurer les populations et on assiste à un mouvement de panique
et à un déclin des activités agricoles. Dans ce contexte,  l'Armorique
se dote d'un réseau de villes fortifiées (Nantes, Rennes, Brest,
Alet-Saint-Malo et Vannes).


Aujourd'hui, les chercheurs s'accordent pour attribuer à l'empereur
romain Probus (276-282), la création des enceintes urbaines du
nord-ouest de la Gaule. A Vannes (Darioritum), on ne dispose pourtant
d'aucun élément matériel pour dater le castrum. La ville ouverte située
jusqu'alors sur la colline de Boismoreau (quartier de Saint-Patern) est
délaissée, tandis qu'une ceinture de remparts (castrum) est édifiée sur
la colline du Mené.
Patrick ANDRÉ, La défense de la ville au Bas-Empire (IIIe s. - Ve s.), dans Histoire de Vannes et de sa région, 1988, p.29-35.
Edification du premier rempart de Vannes
à la fin du 3e siècle de notre ère.
Les origines gallo-romaines de Vannes
2000 ans d'histoire, 150 ans d'archéologie
La portion de mur la mieux conservée, se trouve dans un  jardin privé situé rue Thiers. Visible sur une longueur de 9 mètres et une hauteur de 7 mètres, la muraille
présente un appareil fait d'une alternance de petits moellons et de quatre rangées de briques. A l'Est, on peut découvrir une autre section de mur, dégagée au
début des années 1980 et qui a fait l'objet d'une restauration. Il existe encore d'autres parties de la muraille romaine, masquées par des constructions plus
récentes (rue de Closmadeuc, rue du Mené, ...). Au Nord, le tracé du castrum est bien attesté. La partie sud est,
en revanche, plus incertaine mais devait sans doute longer le haut de la place des Lices. Cette muraille devait
comporter aussi un certain nombre de tours et de portes défensives.
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Sa topographie et son emprise
Edification d'une enceinte fortifiée (castrum)
Le rempart romain dans un jardin privé
de la rue Thiers à Vannes.

© Cliché Patrick André
L'emprise de la ville fortifiée au 13e siècle, est encore celle du castrum antique.
Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 2012, p.64 (extrait).
Vannes, logis en pierre, maison en bois, l'architecture du secteur sauvegardé, 2014.
Ainsi, pour la première fois de son histoire, l'antique Darioritum, devenue Venetis, présente le visage
d'une ville fortifiée. Cette situation de repli forcé à l'abri d'un castrum préfigure déjà de l'avenir de la
cité, une enceinte qui demeurera quasiment en l'état durant plus d'un millénaire.
Le rempart médiéval dit "mur sarrazin", dans la rue Noé.
© Cliché Christophe Le Pennec, 1994
A l'Est, le rempart romain près de la Préfecture.
© Cliché Christophe Le Pennec, 2000
Son état de conservation
Le choix de la colline du Mené (qui en breton signifie " la montagne ") ne relève pas du
hasard. Il s'agit à l'origine d'un promontoire rocheux entouré de zones marécageuses.
Cette configuration topographique subsiste encore quelques siècles plus tard, dans une
description faite au 12e siècle par un géographe arabe, Edrisi (ou Al Idrisi)   :
" Faïnes (Vannes), ville située sur un cap, à l'extrémité du golfe, extrêmement
agréable et peuplée, où sont un port et des constructions navales
". En 1636,
le voyageur Dubuisson-Aubenay signale plusieurs segments du parement du castrum
antique, encore nettement visibles, enserrés dans le rempart médiéval.
Par sa position, le castrum devait dominer et protéger du même coup le port, que l'on
pourrait placer à l'est, au pied de la colline de la Garenne. On ne connaît pas la position
exacte du port antique, mais on suppose qu'au 1er siècle de notre ère, un fond de ria
pouvait remonter jusqu'au quartier de la préfecture. Du fait d'un apport incessant de
sédiments et d'alluvions, cette zone d'échouage s'est peu à peu envasée. A la fin de
l'Antiquité, on peut aisément admettre que le port avait déjà reculé de plusieurs dizaines
de mètres vers le Sud, et se situait alors aux abords des actuelles tours Poudrière et du
Connétable.
En 1988, à l'occasion d'un colloque consacré aux remparts de Vannes, Patrick André
propose une excellente synthèse sur la muraille romaine, en particulier sur ses différentes
caractéristiques techniques observées et mesurées sur le terrain . Le castrum de Vannes
possède un plan triangulaire, dont l'enceinte a un périmètre d'environ 980 mètres. La ville
close ainsi formée atteint une superficie de cinq hectares, soit dix fois moins que
l'agglomération du Haut-Empire.
QUELQUES ELEMENTS DE BIBLIOGRAPHIE
Détails de la Notice des Dignités figurant Vannes (Benetis =Venetis).
© Bibliothèque d'État de Bavière
Patrick GALLIOU, La défense de l'Armorique au Bas-Empire, essai de synthèse, Bulletin de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne, tome LVII, 1980, p.235-285.
J. de LA MARTINIÈRE, L'enceinte romaine de Vannes, Annales de Bretagne, 1927, p.108-121.
Christophe LE PENNEC, Vannes au Bas-Empire : un castrum, Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 2012, tome 138, p.55-93.
Henry MARSILLE, Vannes au Moyen Age, Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1982, 149 pages.
1980
1988
1927
1982
2012