Depuis le 19e siècle, plusieurs découvertes archéologiques attestent une occupation gauloise sur le territoire de la commune
de Vannes. Il s'agit tout d'abord du souterrain de Tréhuinec mis au jour en 1872. A cela s'ajoute la trouvaille dans le quartier
du Bondon, vers 1960, d'une grande urne cinéraire datable du 5e siècle avant notre ère. Récemment, un travail d'inventaire
a aussi recensé sur la commune une série de stèles gauloises hémisphériques. En 1999-2000, des fouilles archéologiques
menées à Bilaire ont montré qu'un sanctuaire gallo-romain avait visiblement succédé à un site de l'Age du Fer ayant sans
doutre eu la même fonction religieuse. A ces éléments majeurs peuvent s'ajouter aussi d'autres indices moins spectaculaires,
mais tout aussi intéressants.
      A ce jour, on recense plus d'une dizaine d'exemplaires d'amphores italiques vinaires, de type "Dressel 1", trouvées à Vannes. La présence de ces amphores
sur le site de Vannes nous amène un certain nombre de remarques. Les types "Dressel 1b" peuvent en effet se rencontrer dans des niveaux romanisés, sans doute
de la période augustéenne. En revanche, il convient de s'interroger sur les exemplaires de "Dressel 1a", car ceux-ci témoignent habituellement d'un contexte
antérieur à la Conquête. Certains prétendent encore que ces fragments ont été mal identifiés dans le passé et qu'il ne s'agit pas de Dressel 1. En l'absence de
données nouvelles sur le sujet, seuls l'étude et la publication de Patrick Galliou demeurent la référence.
    Découvert en 1872, lors de labours, ce souterrain a été exploré par la
Société Polymathique du Morbihan. Il se composait de cinq salles en
enfilades creusées dans le terrain naturel, sur une longueur totale d'environ
16 mètres. On y a trouvé de nombreux fragments de céramiques, portant
en particulier des décors de lignes et de points. Ce mobilier est datable des
4e et 3e siècle avant notre ère. Ce souterrain, qui devait sans doute servir
pour le stockage des aliments, a malheureusement été comblé à l'issue
de la fouille.
      Ce sanctuaire a succédé à une occupation gauloise, datée du 2e siècle
avant notre ère jusqu'à l'époque augustéenne. Il s'agit de structures en
pierres sèches, de fossés, de nombreux trous de poteaux et de divers
objets (céramiques et monnaies gauloises, amphores italiques, ...).
Le petit fanum antique recouvre des
vestiges gaulois
Cliché C. Le Pennec, juillet 2000
Coupe longitudinale du souterrain de Tréhuinec
(Archives de la Société Polymathique du Morbihan)
     En définitive, le territoire de Vannes a donc bel et bien connu une présence gauloise assez régulière dès le 5e siècle avant notre ère et ce,
jusqu'aux prémices de la romanisation.
     Avant la réalisation d'un lotissement communal prévu au nord de Vannes, des fouilles ont été menées en 1999
et 2000, sous le couvert scientifique de l'Etat. Elles ont conduit à la découverte d'un sanctuaire gallo-romain. Il
comprenait tout d'abord d'un grand bâtiment de forme hexagonale allongée, long de 33 mètres, édifié au début
de notre ère. A proximité sud, se trouvait un second petit temple carré (fanum), de 10 mètres de côté.
Souterrain de Tréhuinec
Une occupation gauloise à Vannes
Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan
Les origines gallo-romaines de Vannes
2000 ans d'histoire, 150 ans d'archéologie
Un sanctuaire gaulois à Bilaire
Vannes, Fouilles archéologiques de l'an 2000, Edition Ville de Vannes, 2001.
    On découvre très souvent à Vannes, dans les niveaux archéologiques les plus anciens, des
fragments de céramiques d'aspect fruste, que l'on classe habituellement dans la catégorie des
"céramiques indigènes" ou de "tradition gauloise". Si l'on devait en faire une description, on
constat que l'on y retrouve les traits essentiels des productions céramiques de l'Age du Fer :
Céramiques de tradition gauloise
     En l'absence de critères marquants, il demeure donc très
difficile de distinguer les céramiques dites de tradition indigène,
de celles trouvées sur les sites de la fin de l'Age du Fer.
Une pâte dont la couleur varie du marron au noir, très peu sonore
du fait sans doute d'une température de cuisson peu élevée, et
contenant de nombreux dégraissants (grains de quartz). Tournée
ou non, les formes les plus courantes sont des vases ovoïdes, des
écuelles et de grandes jarres.
On constate enfin que la partie
supérieure externe des vases est souvent enduites de graphite.
Monnaies gauloises
     A Vannes, il n'est pas rare de trouver
des monnaies gauloises dans des niveaux
gallo-romains précoces, mais leur identification
reste difficile. Lors des fouilles de l'entrepôt
romain de la rue du Four, une monnaie romaine
républicaine, de la première moitié du 1er siècle
avant notre ère, a aussi été découverte. Toutes
ces monnaies ne prouvent en rien une occupation
pré-romaine car leur emploi a perduré jusque
sous le règne de Tibère, mais leur existence
méritait d'être signalée.
Couvercle gaulois, en terre cuite
(Coll. Musée de Vannes, fonds SPM)
Patrick GALLIOU, Corpus des amphores découvertes dans l'Ouest de la France : les amphores tardo-républicaines,
Archéologie en Bretagne
, supplément n°4, Brest, 1982, 127 pages
Amphores tardo-républicaines
Céramiques gauloises et amphores italiques
retrouvées sur le site de Bilaire
Urne cinéraire trouvée au Bondon
(Coll. Musée de Vannes, fonds SPM)
Exemple de céramique de traditon
gauloise trouvée rue Sainte-Catherine
à Vannes
Fouilles Patrick André, 1986-1987
Diverses raisons peuvent expliquer la non découverte de vestiges gaulois en centre-ville. L'installation imposante de
l'agglomération romaine de 50 hectares a pu faire disparaître les aménagements antérieurs, d'autant plus qu'il devait
s'agir de constructions lègères. Des trous de poteaux et des murets en pierres sèches, n'ont-ils pas été souvent découverts
lors de fouilles dans le quartier Saint-Patern ?. Ces petits aménagements, quand ils n'ont pas complètement disparus, sont
souvent difficiles à dater et parfois même à déceler. Si certains chercheurs affirment encore que la ville antique de Vannes
est une création ex nihilo, des données archéologiques de plus en plus nombreuses tendent pourtant à en prouver le contraire.
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